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Une Pâques canadienne

Semblable à Noël, les célébrations de Pâques d'aujourd'hui ont tendance à se concentrer sur les traditions modernes plutôt que sur les cérémonies religieuses. Pensez aux chasses aux œufs de Pâques, aux lapins en chocolat, au jambon au sirop d'érable et aux dîners de famille. Est-ce que ces traditions existait il y a 100 ou 200 ans ? Comment était Pâques pour nos ancêtres il y a des siècles ?

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 Une Pâques canadienne

Semblable à Noël, les célébrations de Pâques d'aujourd'hui ont tendance à se concentrer sur les traditions modernes plutôt que sur les cérémonies religieuses. Pensez aux chasses aux œufs de Pâques, aux lapins en chocolat, au jambon au sirop d'érable et aux dîners de famille. Est-ce que ces traditions existait il y a 100 ou 200 ans ? Comment nos ancêtres ont-ils célébré Pâques il y a des siècles ?

 

« Mercredi des Cendres à Notre-Dame, Montréal », illustration dans Canadian Illustrated News, 4 mars 1871, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Pour nos ancêtres, Pâques était une fête religieuse. Pour les chrétiens, Pâques n'est qu'une partie d'une célébration débutant avec le Carême le mercredi des Cendres et se terminant le dimanche de Pâques. Dans certaines régions du Canada francophone, le Carême était interrompu à mi-chemin par la Mi-Carême, qui a ses origines en France. Chacun de ces événements avait ses propres traditions.

Le carême

Commençant le mercredi des Cendres, le carême était une période solennelle de 40 jours de jeûne, d'abstinence, de prière et de pénitence. Jeûner signifiait manger l'équivalent d'un seul repas dans la journée, avec une alimentation frugale le matin et le soir, et ne pas grignoter entre les repas. Les plus pieux pesaient leur nourriture. Les enfants étaient exemptés du jeûne, tout comme les malades et les personnes âgées.

L'abstinence signifiait que la viande était strictement interdite. Les dévots religieux se priveraient aussi d'autres vices : ils s'abstiendraient de fumer, de consommer du sucre (même dans leur café) et de jurer. Il était interdit à certains enfants de manger des sucreries ou des friandises.


Le prêtre local arrive à l'improviste chez un paroissien et surprend la famille en train de manger de la viande pendant le Carême. Représenté dans « Breaking Lent (or A Friday's Surprise) », peinture de Cornelius Krieghoff, vers 1847, Art Gallery of Ontario.  

Les transgressions étaient prises très au sérieux. Le 26 octobre 1670, un dénommé Louis Gaboury est condamné pour avoir mangé de la viande pendant le Carême sans l'autorisation de l'église. « Il est condamné payer une vache et le profit d'une année d'icelle, en outre, d'être attaché au poteau public trois heures de temps, et ensuite d'être conduit au devant de la porte de la chapelle de l'Île d'Orléans où étant à genoux, les mains jointes, la nue tête, demander pardon à Dieu, au roi et à la justice. »


Mi-Carême

Datant du Moyen Âge, les fêtes de la Mi-Carême se déroulaient en plein Carême, le jeudi de la troisième semaine. Selon l'heure et le lieu, la Mi-Carême pouvait durer d'un jour à une semaine. Les festivités étaient une façon de rompre le jeûne du Carême et de s'amuser entre amis et voisins. La Mi-Carême était très populaire au XIXe siècle, puis a lentement décliné après la Première Guerre mondiale. Les célébrations impliquaient normalement de revêtir des masques et des costumes et d'aller de maison en maison pour divertir les résidents. Ils chantaient et dansaient, tandis que les gens autour d'eux essayaient de deviner leur identité. Une fois les masques retirés, les visiteurs avaient généralement quelque chose à manger et à boire avant de passer à la maison voisine. [Les lecteurs de Terre-Neuve trouveront cette tradition très semblable au « mummering ». Les festivités de la Mi-Carême étaient également comparables à celles du Mardi gras.]

 

La Mi-Carême au "Montagnard" par Edmond-Joseph Massicotte. Dans Le Monde illustré, Vol. 17, no 882 (30 mars 1901), p. 802. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.  


 
La mi-carême, exemple d’un transfert culturel de l’Europe à l’Amérique, est une fête qui utilise le pouvoir du masque dans un rituel collectif de dérision. Pendant cette fête le masque protège, libère, garantit l’anonymat, transforme, épouvante et autorise la confusion.
— Barbara Le Blanc, auteure acadienne

Les « coureurs de la Mi-Carême » à Chéticamp, milieu des années 1930. Centre de la Mi-Carême.


La Mi-Carême est encore célébrée aujourd'hui dans certains villages du Québec : L'Isle-aux-Grues, Natashquan et Fatima (Îles-de-la-Madeleine). Elle est également célébrée dans les villages acadiens de Saint-Joseph-du-Moine, Magré et Chéticamp. Cliquez ici pour écouter l’épisode « La Mi-Carême, une tradition qui s’est perdue avec le temps » avec Aujourd’hui l’histoire.

 

« Un groupe de pensionnaires de Saint-Louis de Gonzague déguisés pour la Mi-Carême », photo de 1937 par Sœur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre), Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

 

Regardez cette vidéo pour voir comment la Mi-Carême est célébrée à Chéticamp.

 

La Semaine sainte

Le dimanche des Rameaux (ou « Pâques Fleuries »), le jour où Jésus est entré à Jérusalem, marque le début de la Semaine sainte. Les paroissiens devaient se rendre à l'église pour se confesser et communier. Pour nos ancêtres canadiens-français, cela devait être fait par la Quasimodo, le dimanche suivant le dimanche de Pâques. Il était important de ne pas attendre à la toute dernière minute pour le faire, sous peine d'être accusé d'avoir exécuté des « Pâques de renard ». Il s'agit d'une expression québécoise qui signifie remplir les devoirs de Pâques comme un renard. En autres mots, être rusé ou craintif comme un renard. 

Lors de la messe du dimanche des Rameaux, le curé bénissait les rameaux apportés à l'église par les paroissiens. Comme les palmiers n'étaient pas facilement disponibles au Canada, les gens de la campagne apportaient normalement des branches de sapin ou d'épinette, dont les cônes étaient retirés et attachés ensemble avec un ruban, ainsi que des fleurs en papier. Dans les grands villages et en ville, ces rameaux étaient achetés puis divisés en petits bouquets et placés dans chaque pièce de la maison. Les gens remplaçaient ceux de l'année auparavant, qui seraient brûlés. Les rameaux étaient apposés sur des crucifix ou placés au-dessus des portes. Ils étaient un symbole de la protection de Dieu, destinés à porter bonheur à la famille, à la protéger des intempéries, du feu et des maladies, ainsi qu'à bénir les défunts.

La Semaine sainte tournait autour du jeûne, de la prière et des services, encore plus que pendant le Carême, et surtout pendant les jours saints. La messe du Jeudi saint était un événement grandiose, avec de la musique d'orgue, la procession vers l'autel, des chants et des sonneries. Les cloches des églises se sont tues du jeudi saint au samedi saint, respectant les derniers instants du Christ, avant de revenir majestueusement le dimanche pour célébrer la résurrection. Le jeudi soir, les membres de la famille priaient le Saint-Sacrement à chacun leur tour.

 

Le reposoir observé lors d'une cérémonie religieuse tenue le Jeudi saint chez les Pères du Très-Saint-Sacrement. Les prêtres et les fidèles sont recueillis pour la prière. Photo de Claude Décarie, avril 1947. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

Le Vendredi saint, en revanche, était un jour sombre. C'était un jour de deuil, rappelant la mort du Christ. On n'était censé travailler que pour accomplir le strict nécessaire et la plupart des magasins étaient fermés jusqu'à la fin de la messe. La messe du matin du Vendredi saint était une longue cérémonie. Le prêtre récitait la Passion du Christ. Les fidèles parcouraient également le chemin de croix, commémorant la route empruntée par Jésus, portant la croix, jusqu'au mont Calvaire vers sa crucifixion. Il s'agissait normalement d'un chemin aménagé avec 14 stations dans la nef de l'église, chacune avec une image ou une peinture, où une prière était récitée. À trois heures, au moment de la mort du Christ, ceux qui ne pouvaient se rendre à l'église pour le chemin de croix priaient en silence chez eux ou récitaient leur chapelet.

Plusieurs superstitions sont propres au Vendredi saint, pour renforcer le jeûne et la pénitence :

  • Toute personne entreprenant un travail quelconque le vendredi aura de la malchance.

  • Le métal ne doit pas pénétrer dans le sol le Vendredi saint, donc le défrichage, l'agriculture, etc. doivent être évités.

  • Se regarder dans un miroir porte malheur.

  • Les vêtements lavés le Vendredi saint ne seront jamais vraiment propres.

  • Les érables ne doivent jamais être entaillés, car le sang coulera au lieu de la sève.

Certaines superstitions portaient chance :

  • Le pain et les pâtisseries cuits le vendredi saint ne moisiront pas et guériront les maladies bénignes comme le rhume et la coqueluche.

  • Un bébé sevré le Vendredi saint grandira en bonne santé et aura une vie prospère.

  • Un garçon portant un pantalon long le Vendredi saint aura un foyer heureux.


Le Samedi saint était généralement une journée tranquille. L'église était nettoyée et le tabernacle vidé. Le soir cependant, la veillée pascale avait lieu. C'était la plus grande célébration de l'année, en l'honneur de la résurrection du Christ. Le prêtre bénissait le nouveau feu et l'eau qui baptisait les nouveau-nés. Parfois, un baptême était célébré. La fin du Samedi saint marquait officiellement la fin du Carême.

 

Peinture représentant le Samedi saint de Sœur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre), 1912. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

L'Eau de Pâques et Dimanche saint

Une autre tradition encore pratiquée dans certaines régions du Québec est la collecte de « l'eau de Pâques » à l'aube du dimanche matin de Pâques, avant le lever du soleil. Cette eau devait être puisée dans un ruisseau ou une petite rivière. On disait qu'elle avait des propriétés magiques; des rameaux bénis avec l'eau seraient utilisés pour bénir sa maison. À l'instar de l'eau bénite, l'eau de Pâques était également censée guérir les malades et protéger la maison et la famille des intempéries. On pensait aussi qu'elle éloignait les mauvais esprits. La tradition remonte à la Nouvelle-France et est encore pratiquée aujourd'hui dans certains petits villages.

Pâques à la Boucherie Fortunat Octeau, Chicoutimi, vers 1920. « Joseph-Fortunat Octeau prépare pour ses clients le traditionnel jambon de Pâques. Sa boutique de la rue Racine, comme la plupart des vitrines de l'époque, est parée de fleurs en papier, une décoration traditionnelle pour la semaine pascale. » Wikimedia Commons.

De nombreux marchés rouvriraient le dimanche de Pâques, marquant le début du printemps. Les boutiques, les échoppes et même les chevaux seraient décorés de fleurs en papier. Beaucoup de nos traditions dites modernes peuvent avoir des racines païennes, liées au printemps et au renouveau (œufs, fleurs, poussins, lapins). Dans cet esprit de « renouveau », beaucoup enfilaient également de nouveaux vêtements et, surtout pour les femmes, de nouveaux chapeaux. Et enfin, le dimanche soir, la résurrection du Christ était célébrée avec un dîner en famille. Après une longue période de jeûne, ce dîner serait particulièrement copieux. Au Canada francophone, le porc était la viande de prédilection : du bacon fumé rôti à la poêle il y a des siècles, au jambon précuit d'aujourd'hui préparé au four. Lorsqu'il était consommé au printemps, on disait que le jambon portait chance. Dans les ménages anglophones, l'agneau était la viande de choix, car Jésus était appelé « l'Agneau de Dieu ».


 

Foule devant l'église méthodiste St. James à Pâques, rue Ste-Catherine, 1906. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

Traditions et symboles modernes

"Mademoiselle Gravel", une jeune orpheline avec comme accessoire un panier de Pâques. Photo de 1917 par Sœur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre). Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

À une époque plus contemporaine, le jambon est encore consommé dans les ménages canadiens-français, normalement épicé avec des clous de girofle, du sirop d'érable (ou du cidre) et de l'ananas (certainement pas quelque chose qu'ils avaient en Nouvelle-France !). Plus étroitement associés à la tradition britannique, les hot cross buns sont normalement consommés le vendredi de Pâques. Évidemment, il y a aussi le chocolat et des œufs de Pâques. La plupart des familles participent à une chasse aux œufs, les vrais œufs étant bientôt remplacés par ceux de la variété des bonbons ou du chocolat.

Autre symbole moderne, le lapin de Pâques aurait été introduit aux États-Unis par des immigrants allemands dans les années 1700, qui parlaient d'un lapin magique capable de pondre des œufs. Les enfants des immigrants allemands en Pennsylvanie préparaient des nids pour que les lapins pondent leurs œufs le dimanche matin de Pâques. Les œufs colorés se sont finalement transformés en bonbons et en chocolats, et la tradition s'est rapidement répandue dans tout le pays et de l'autre côté de la frontière canadienne. Les origines exactes de cette légende ne sont pas claires, mais les lapins symbolisent la fertilité en raison de leur élevage prolifique et donc, la nouvelle vie. L'Église catholique croit que les origines du lapin de Pâques sont encore plus anciennes. Les anciens Grecs pensaient que les lapins pouvaient se reproduire vierges. À l'époque médiévale, le lapin est devenu associé à la Vierge Marie, symbolisant sa virginité.

Les œufs ont été utilisés à travers l'histoire au printemps pour célébrer la nouvelle saison. En Mésopotamie, les chrétiens auraient teint des œufs après Pâques. La tradition a été reprise par les églises orthodoxes et s'est rapidement répandue dans toute l'Europe, devenant étroitement associée aux célébrations de Pâques. Comme les œufs étaient interdits pendant le Carême, ils étaient décorés et peints, et mangés à Pâques pour célébrer la fin de la période de jeûne.

Tableau représentant « Saint-Joseph aux lys », œuvre de sœur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre). Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Les lys sont également étroitement associés à Pâques, symbolisant la pureté du Christ et la renaissance. Selon la légende, des lys ont poussé dans le jardin de Gethsémané, où Jésus est allé prier la nuit précédant sa crucifixion. Originaires de Taïwan et du Japon, les lys ont été importés en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle. Au XXe siècle, ils avaient fait leur chemin vers l'Amérique du Nord pour devenir la fleur non officielle de Pâques.


Journal hebdomadaire Le Samedi, édition de Pâques, avril 1904. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Carte postale de Pâques représentant deux filles en hauts blancs avec des capuchons pointus et des pantalons jusqu'aux genoux, tenant une lanterne. Cachet de la poste du 22 avril 1905. Toronto Public Library.


 

Illustration dans le journal Le Soleil, le 29 mars 1902. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 
 
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